J’ai une double formation sciences humaines/gestion, puisque j’ai intégré l’Ecole Normale Supérieure en histoire et HEC après mes 2 années de classe préparatoire littéraire. J’ai commencé ma carrière comme chercheur en sociologie de l’énergie et de l’environnement à la R&D d’ENGIE, pour ensuite gérer des projets de développement durable toujours en lien avec l’énergie.
En 2015, j’ai intégré le fonds d’impact investing de la fondation Grameen Crédit Agricole qui m’a permis de réaliser des opérations d’investissements en equity et en dette en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Asie Centrale.
En 2017, j’ai rejoint les équipes d’IDIA Capital Investissement pour créer le 1er fonds de private equity pour compte propre du groupe Crédit Agricole dédié à la Transition Energétique.
Mon parcours professionnel est plutôt atypique chez IDIA Capital Investissement. Néanmoins, ma carrière a toujours été guidée par le même fil rouge : le développement des énergies renouvelables et la lutte contre les inégalités sociales et environnementales. Forte de mes diverses expériences industrielles, je suis aujourd’hui responsable d’une équipe de 3 personnes dédiée aux investissements dans les secteurs de la Transition Energétique.

Quelle serait votre description du poste de Directrice de Participations ?
Mon métier de Directrice de participations consiste à accompagner les dirigeants de PME/ETI dans leurs projets de croissance. Via nos fonds d’investissement, nous injectons des fonds propres dans leurs sociétés pour les aider à financer leur développement. Nous devenons de facto actionnaires – toujours minoritaires – et donc décisionnaires aux côtés des dirigeants historiques et majoritaires.

J’interviens sur l’ensemble du process : décrocher avec succès l’exclusivité dans des process intermédiés et concurrentiels, instruire les dossiers avec 1 ou 2 autres personnes de l’équipe, structurer le montage financier, mener les négociations juridiques avec l’appui de notre direction juridique, closer l’opération, puis participer aux Boards et comités stratégiques des sociétés.

Quels sont les grands temps forts de votre métier sur l’année ?
Le métier d’investisseur en private equity connaît finalement peu de temps morts car la vie des entreprises dont nous sommes actionnaires et administrateurs ne s’arrête pas pendant les congés !
De manière schématique, il y a 4 saisons :
– 2 saisons très intenses : l’automne et l’été voient les closings s’enchaîner avec l’objectif de réaliser les opérations avant les dates de clôture comptable (31 décembre et 30 juin). Ces 6 mois de l’année requièrent une très grande disponibilité, les journées et les semaines peuvent être très très longues, avec de grands pics d’adrénaline et des moments de grandes tensions pendant les négociations finales.
– les 2 autres saisons, l’hiver et le printemps, sont tout aussi intenses, mais différemment. On va prendre le temps de faire du démarchage commercial avec tous types d’acteurs (banques d’affaires, conseils, dirigeants, …) ; on s’engage dans des process concurrentiels de levée de fonds avec des timings en général assez serrés pour envoyer des lettres d’offre; on monte les partenariats pour créer des synergies commerciales et apporter du business à nos participations, etc.
– la vraie respiration : le mois d’août ! en général, avocats, auditeurs et banquiers M&A sont en congés, donc tout avance au ralenti. On peut prendre 4 semaines de vacances, même si on sait que ce ne seront pas 4 semaines avec une totale déconnexion.

Pouvez-vous nous décrire une journée type ?
Les journées d’un investisseur sont bien remplies entre :
– les dossiers en cours d’instruction : réunions de travail entre investisseurs, avec les banques d’affaires, cabinets d’avocats, auditeurs, etc.
– le suivi des participations de notre portefeuille : préparation de conseil d’administration, prise de décisions stratégiques au fil de l’eau, rencontres avec les dirigeants pour échanger sur tel ou tel sujet, etc.
– la création d’opportunités commerciales pour les entreprises : mon rôle, c’est de faire croître les sociétés chez qui nous sommes actionnaires. J’essaie donc de créer des synergies avec les autres métiers du groupe Crédit Agricole ou les autres sociétés du portefeuille d’IDIA CI pour être un investisseur apporteur d’affaires : apport de nouveaux clients, détection d’opportunités de croissance externe, facilitation des relations avec les métiers du financement au sein du Groupe, etc.
– les opérations de lobbying ou communication pour faciliter la remontée des dossiers : interventions à des conférences, déplacements dans toutes les régions de France et de Navarre pour rencontrer des dirigeants, animation de webinaires sur le thème de la Finance Climat, etc.
– Last but not least : échanger en interne sur nos problématiques du moment, nos bonnes pratiques, apporter des coups de main à ses collègues, réfléchir au lancement d’un nouveau fonds, renforcer la prise en compte des critères ESG, etc.

Quel parcours faut-il avoir pour accéder à votre poste et quelles sont les possibilités d’évolutions ?
Exercer le métier du private equity dans le secteur de la Transition Energétique requiert une double expertise sectorielle. Dans mon cas, j’ai construit cette expertise en travaillant dans deux différents secteurs : l’industrie de l’énergie et de l’environnement (ENGIE), le secteur de l’impact investing dans les pays émergents (Fondation Grameen Crédit Agricole). Cela fait maintenant 15 ans que je travaille à l’amélioration de notre mix énergétique, à la promotion d’une finance plus responsable et plus durable, et je suis fière qu’IDIA CI me donne les moyens de mettre en oeuvre mes convictions dans le domaine de l’investissement.
Pour ma part, j’aime privilégier les profils qui ont su se forger plusieurs expériences : dans la finance, le conseil, mais aussi dans l’industrie.
Les possiblités d’évolution sont multiples. Mais je pense que peu de personnes, une fois qu’elles sont tombées dans la marmite du private equity, envisagent de changer de métier. C’est un métier passionnant et très complet ; avec beaucoup de pression, mais aussi beaucoup d’adrénaline positive, car en prise directe avec l’économie réelle.

Quels messages, souhaiteriez-vous transmettre aux personnes qui se projettent sur un poste similaire au vôtre ?
Vous l’aurez compris, le métier du private equity demande de maîtriser une multitude de compétences : financière, commerciale, juridique, et très technique si l’on décide de se spécialiser sur une thématique industrielle précise. Il faut également avoir le sens du service et de l’accompagnement : une fois au capital d’une société, vous allez accompagner le ou les dirigeants durant toute la durée de votre investissement.

Pour moi, les meilleurs investisseurs ne seront pas forcément ceux qui auront démarré très jeune dans le métier de private equity ; au contraire, la variété des expériences professionnelles est un atout. Ne pas oublier également que c’est un métier de contacts humains où les compétences relationnelles sont fondamentales.

 

 

 

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